J'utilise Autocad, tu veux toujours parler avec moi ?

Certes, c'est utile pour se placer sur le marché (et je vais continuer au moins pour ça), mais c'est un logiciel franchement lourd. Si un jour j'ouvre un cabinet, quel seront mes choix en matière d'informatique ?

Autocad est cher, lourd, lent. Mais puissant, me direz-vous. En effet, les possibilités de travail avec lui sont énormes, tellement, qu'une bonne partie du logiciel ne m'est pas franchement utile !

Par exemple, ses possibilités en 3D : incompatibles avec les produits autres que ceux de l'éditeur. Et la liste est longue ...

Le problème est que le maîtrisant, j'ai un mal fou à utiliser autre chose (qui ne fonctionne pas pareil) ...


Pourquoi je parle de ça ?

Les logiciels libres sont rarement utilisés dans les agences. Parce que « libre » ne fait pas « pro » !

Pourtant, la plus part d'entre eux suivent une progression incroyable par rapport aux logiciels commerciaux. Les mises à jours se succèdent régulièrement, plusieurs fois par an. Les logiciel propriétaires progressent lentement, au mieux une fois par an et parfois tout les deux ans (Autocad). Quand on peu parler de progression, car parfois, seule l'ergonomie change (perturbant vos habitudes).

Les logiciels propriétaires obéissent à une logique commerciale, tandis que les logiciels libres se développent en fonction de la demande des utilisateurs.

Dans le domaine graphique, ils sont nombreux et puissants (www.linuxgraphic.org) et permettent de décupler ses capacités, sans contraintes ni limites. Quelques chose vous manque ?

La plus part du temps, il est possible de programmer soit même à l'aide de scripts. Mais rien ne vous empêche d'écrire à l'équipe de développement.

Les outils « libres » m'ont beaucoup apportés, mais il est parfois difficile de perdre certaines habitudes.


D'où viennent elles ?

Lorsque je faisais mon Projeteur en 94, les enseignants refusaient les « rendus machines », tout devait être fait à la main. Quelque part c'était une bonne chose, car la base c'est la connaissance de la technique, un logiciel n'est qu'un outil.

De même, durant mes premières années en école d'archi, je devais me battre contre certains enseignants qui refusaient aussi ce type de travaux. L'ennui c'est que depuis, la tendance s'est inversée. Autocad, Photoshop, les formateurs n'ont plus que cela sur les lèvres. C'est là, la base du problème.

Ceux sont eux qui ont quelque part imposé ce type d'enseignement. Parce que c'est ce qu'ils maîtrisent. Or malgré la puissance de Gimp, parfaitement comparable (et compatible) à Photoshop, je n'ai encore jamais rencontré d'enseignant en ventant les mérites.


Quel enseignement ?

Il suffirait que l'enseignement apporte la base de l'utilisation des logiciels sans imposer une marque. Comment dessiner à l'aide de calques, comment gérer les couleurs, les lignes (la plus part des logiciels de conceptions fonctionnent sur les mêmes bases), ...

Maintenant, il faut bien que cet enseignement est une base concrète. Pourquoi du « libre » ?

On nous parle de «  piratage !  » , or à votre avis, l'étudiant qui apprend toute l'année à utiliser un logiciel commercial, utilise quoi chez lui ?!

Un logiciel libre porte un nom facile à comprendre. L'enseignant peut distribuer en début d'année les logiciels enseignés. Et Linux ne doit pas être un prétexte de refus car nombreux sont les logiciels libres qui fonctionnent aussi sous Windows. L'étudiant fera ensuite son choix.


Certes, certains logiciels n'ont pas d'équivalent libres. Du moins pas à leur niveau. Mais c'est dans les premières années que l'on doit avant tout porter l'accent sur les techniques. Par exemple, apprendre le dessin technique sur Autocad est parfaitement stupide, car le support est bien trop complexe. Qcad, logiciel libre multi-plateforme, qui utilise les bases du dessin « machine » ferait parfaitement l'affaire !


Les techniques

Pouvoir se vendre en apprenant de l'Autocad à l'école ?

Un peu, pourquoi pas, mais l'enseignement ne doit pas être basé sur de tels outils. Aujourd'hui, c'est à celui qui aura appris Archicad, Artlantis (...) qui s'oppose à l'Autocadien et 3Dmaxien ...

Bref : Nous apprenons à être les esclaves d'un produit plutôt que les maîtres d'une technique.


On n'apprend que de moins en moins comment rendre l'aspect brillant avec des nuances de gris, pourquoi un objet se déforme lorsqu'il se reflète sur un cylindre, comment faire les ombres portées (même approximativement). On ne nous apprend d'ailleurs pas non plus comment rendre une présentation dynamique et attractive. Par contre, avec 3D Studio Max, on vous dira comment utiliser les plugins !


D'ailleurs j'ai entendu plusieurs fois quelque chose de curieux :

Je trouve navrant que l'on apprenne pas à créer et gérer une agence, conduire un projet, faire et « gagner » un concours, bref ce qui est sensé nous attendre après l'école. On me répondait alors que ce n'est pas à l'école de jouer ce rôle, de former à l'aspect commercial du métier. D'accord, mais alors que faites vous en enseignant l'usage de logiciels commerciaux ?

N'est-ce pas lié ?


Les réalités du marché

Maintenant, il faut être réaliste, Il y a plus de demande aujourd'hui pour Photoshop et MS Office, que pour Gimp et OpenOffice. Mais si vous connaissez d'avantage les principes de bases, vous serez d'avantages réactifs aux tendances du marché !

Vous croyez ces « grands logiciels » éternels ?

Donc rien ne vous empêche d'êtres multi-cartes, vous permettant de vous retourner confortablement. Utilisez un logiciel commercial ou deux (la base selon votre activité) et appuyez vous d'avantage sur du libre qui lui, évolue vite. D'autant que si vous maîtrisez vos outils, on vous écoutera. Il m'est ainsi arrivé de « placer » du libre dans des entreprises qui n'en avaient jamais entendu parlé. Malgré le coût dû à la transition (souvent nul, suivant les logiciels, comme MS Office vers OpenOffice), l'argument est de poids !


Lisez le « Pseudo Manifeste » d'André Pascual - un bon point de vue sur la question !

Le piratage au service des monopoles - vu sur uZine


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mars 2006